Quel est le bon niveau de couverture pour votre production porcine et vos intrants ?
À retenir : Déterminer le bon niveau de couverture pour une production porcine est une décision stratégique complexe qui ne repose pas uniquement sur les fluctuations du marché. Elle dépend de trois piliers fondamentaux : la tolérance psychologique au risque du producteur, la capacité financière de l’entreprise à supporter les appels de marge, et la connaissance précise de son coût de production et de sa marge sur coût alimentaire.
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Au moment de la dernière assemblée générale annuelle du Groupe Élément-Terre, les prix du porc étaient relativement élevés, contrairement aux niveaux plutôt faibles du prix du maïs et du tourteau de soya. Malgré ce contexte de marché a priori favorable, une certaine hésitation demeurait quant à l’opportunité de couvrir une proportion importante de la production porcine et des principaux intrants. Plusieurs participants se demandaient notamment comment déterminer la proportion de leur production à placer sous gestion de risques.

La détermination du pourcentage de la production à couvrir est une décision complexe qui repose sur plusieurs considérations.
1. Votre tolérance au risque
La première considération concerne l’attitude face au risque du producteur.
- Le recours aux marchés à terme permet de réduire l’exposition aux fluctuations de prix.
- Il implique également d’accepter qu’une position prise aujourd’hui puisse devenir moins avantageuse en fonction de l’évolution du marché.
- Ainsi, lorsqu’un prix de marché pour une vente devient supérieur au prix sécurisé, l’écart peut être perçu comme une perte d’opportunité.
Cette dimension psychologique doit être prise en compte dans l’établissement du niveau de couverture.
2. Votre capacité financière
Au-delà de la tolérance au risque, la décision de recourir aux marchés à terme dépend également de la capacité financière de l’entreprise à supporter d’éventuels appels de marge.
- Ceux-ci peuvent être importants, même lorsqu’ils ne sont parfois que temporaires.
- Une entreprise disposant de liquidités insuffisantes pourrait être contrainte de liquider prématurément certaines positions.
- Cette situation risque de réduire l’efficacité de sa stratégie de couverture.
3. Votre coût de production
Enfin, un élément essentiel dans la détermination du niveau de couverture est la connaissance de son coût de production et, dans le cas d’une entreprise porcine, de l’évolution historique de sa marge sur coût alimentaire.
Plutôt que d’évaluer séparément le prix du porc et celui des intrants, il est préférable d’examiner la marge qu’il est possible de sécuriser. Si, à un moment donné, les conditions de marché permettent de fixer une marge se situant dans le quartile supérieur de celles observées au cours des dix dernières années, il peut être pertinent d’augmenter le niveau de couverture.
Le cas concret de la gestion des risques
Le début de l’année illustre bien cette situation. Les prix du porc se situaient parmi les niveaux les plus élevés des dix dernières années, alors que les coûts d’alimentation évoluaient près de leurs creux historiques.
La combinaison de ces deux facteurs permettait donc de sécuriser des marges particulièrement intéressantes. Un tel contexte pouvait justifier de se rapprocher du niveau maximal de couverture établi par l’entreprise.
Ce maximum ne devrait toutefois pas correspondre à 100 % de la production. Selon le profil de risque, les besoins de liquidités et la stratégie de l’entreprise, un plafond de couverture pouvant varier, par exemple, entre 50 % et 60 % de la production permet de sécuriser une part importante de la marge tout en conservant une certaine exposition aux occasions favorables du marché.
